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© Sitcom Hqm 00

 
Hqm participait du 16 au19 mars à X - 00
manifestation organisée par ARN, 13 rue de Beauvais 56000 Lorient


Il était proposé aux personnes présentes de partir dans Lorient à la chasse aux Hqm sauvages, de transmettre leur découvertes et ainsi d'étendre cette oeuvre collective
(et c'est toujours possible )

<<Il y avait un "modèle" à la médiathèque de Lorient

Hqm est arrivé à la médiathèque sur le dos de son inventeur Pol Guezennec
ainsi transformé en socle automobile ; cette performance filmée avec réalisme
par Bulot (arn) venait remettre en perspective un cycle d'oeuvres tournant autour
de la relation de la sculpture à son socle:
<Mille pensées d'Hqm (96), Hqm Chantre de son terroir (97,98)...>


"Au fait, c'est pas du bronze ?"
analyse et questions de Y (arn)
extrait de quelques dialogues par mail en préparant X-00
 [y] :--tiens moi au courant pour ta proposition de performance
dans le centre ville. il y a la matiere à développements forts interessants :-) . en dehors de la perf, la sculpture à la mediatheque
sera certainement un signal d'appel fort, relativement à la chasse en cours. au fait, c'est pas du bronze ? ;-)
 [pol] :--non c'est en plancher usagé
récupéré au salon de coiffure d'à côté,"Nadine coiffure"à Quimper
 
[y] :: non c'est en plancher [FEET] usagé
: récupéré au salon de coiffure [HEAD] d'à côté
[BODY TOTAL INTEGRATION]
[DISPLACEMENT][AROUND TOWN CENTER][LOCAL AREA]
Alors, hum...;-);
l'usage d'internet induit-il pour toi une variation
de la notion de "sculpture sociale"
(telle qu'elle fut abordée par Beuys par ex)?

  [Pol] - je crois qu'il s'agit plutôt d'une extension.
souvent les idées apparaissent avant
et les moyens de les realiser après.
c-a-d que Beuys aurait pu l'utiliser
(et l'aurait sans doute fait,dira-t-on).

la principale difficulté de la sculpture sociale
c'est comme pour l'autre, la résistance du matériau.

en l'occurrence les cloisonnements sociaux
un peu relâchés durant les 70s
et drôlement bien reboulonnés après.

le net est en phase de croissance
dans cette ligne, c'est une expérimentation de "contacts" nouveaux ("corps absent", avec tamaraLai/LoiezDeniel par exemple).
il n'est pas académisé
toutes sortes de gens peuvent se trouver
en situation de se rencontrer et collaborer à une oeuvre.
il tend à défaire les cloisonnements pour l'instant
parce qu'il présente moins de signes sociaux et de pouvoir
comme protocole d'entrée,
comme dans la rencontre 'réelle' classique,
mais plutot des contenus
(enfin, en simplifiant & idéalisant un peu...)
et qu'il n'y a pas trop d'enjeux financiers
dans l'utilisation que les artistes et les citoyens libres en font.

en d'autres termes si l'on visite le sitcom
on peut contribuer à une oeuvre
de manière amusée, rapide,
ou grave, ou autre, voir même sans le savoir, c'est selon.
Peuvent y contribuer des artistes estampillés
et des gens de tous aca-bits, c'est pareil.
Et c'est très bien comme ça.

Ainsi la théorie de Beuys se vérifie:
il y a de la créativité en chacun,
et l'on peut faire des constructions
à partir de cela aussi.

dans une scène artistique qui fonctionnerait selon ce principe,
il y aurait de la place pour tout le monde.

la sculpture sociale est un (grand) véhicule
on peut y monter pour faire un tour.
dans le sitcom Hqm c'est moi qui conduis.
mais il y a beaucoup d'autres véhicules.
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voici une reponse light,
si tu la veux heavy, ça continue ;-)

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variation sur le même thème, oui.
cette petite phrase résume mon lien avec.

"L'engagement de Joseph Beuys (...) reste
un cas isolé de sculpture sociale
opérant dans le monde objectif."(Cyril Jarton, Omnibus,avr 98)

l'interêt avec Beuys c'est qu'il ne se borne pas
à un jeu de représentation de type theatral
en milieu protégé, celui de l'art,
mais qu'il ex-pose l'art dans d'autres milieux.
jusqu'à se mêler de politique, où on ne peut pas
le soupçonner de s'être engagé sur des illusions,
vu son âge et sa culture au moment où il l'a fait.

il opère depuis une position mediatique élevée.
(en phase avec les préoccupations des 70s
il est connu, on le questionne, on relaie et interpète
bref on diffuse sa pensée)
il peut faire le shaman avec des actes simples
pour une grande résonnance symbolique-médiatique
(les deux dimensions sont quasi la même aujourd'hui).

j'opère depuis une position moins favorable
dans un contexte de blocage des entrées depuis plusieurs années
et de verrouillage institutionnel,
conformément aux objectifs politiques.
je dois déployer l'énergie différemment.
provincial, je dois agir sur le terrain où je suis physiquement
(je ne suis pas mediatiquement télé-présent)
je postule que le public est aussi ici
c'est la dimension du local.*
internet donne la possibilité d'être téléprésent,
moins que les medias, mais de maniere permanente.
c'est la dimension du global
On peut donc être simultanément local et global.
(tiens c'est la double nature que l'on prête aux grandes oeuvres d'art...)

*ou alors il n'est nulle part
et la scène artistique est une réserve d'indiens
que l'on conserve parce que ça fait joli dans le paysage
(ce qu'on pourrait déduire de Yves Michaut si on pousse
son raisonnement dans ses dernieres conséquences.
YM a dit dans Le Monde :"les artistes sont-ils tous a Eurodisney?"
il prédit une baisse du rôle individuel de l'artiste
tel qu'on l'a conçu les derniers siècles)

ou qu'il y a encore quelques 68ards à protéger
qu'il faut soutenir jusqu'à l'âge de la retraite .

Bref c'est ici que ça se passe.
voulant défaire les cloisonnements
qui maintiennent chacun dans ses limites et
les vaches de l'art sont bien gardées,
je m'associe avec des amateurs
qui sont la catégorie la plus basse
dans le monde de l'art
(mais tout de meme répertoriée par raymonde Moulin)
ce faisant je cesse de proteger mon statut d'artiste
"ayant fait des etudes specialisées", la mince barrière
qui me retient de me sentir "artiste amateur breuton"
par exemple ;-)
pour reposer la question de l'art, de quoi qu'on cause?

je tente d'en faire avec des humains non spécialisés
(les Murs Baladeurs, en tant que catégorie;
dans le sitcom Hqm, c'est "les gosses" d'une part
"tout-ceux-qui-le-désirent" d'autre part)

le lien avec Beuys, c'est ce qu'on a caricaturé chez lui:
il dit qu'il y a de la créativité en chacun
(théorie assez largement répandue à l'époque,
puisqu'elle a donné lieu à des séminaires en entreprises,
sous le terme de "créatique" )

on a traduit qu'il affirmait avec d'autres
'tout le monde est artiste'.
c'est une simplification journalistique répandue.
les journalistes adorent ce qui flatte leurs lecteurs.

en réalité Beuys préconise que chacun fasse preuve de créativité,
et qu'on utilise une approche plus esthétique des problemes
posés par le fonctionnement de la société.
il est contre les technocrates et les approches quantitatives
(la suite lui a largement donné raison: vaches folles, pétroliers saouls...)

pour ma part je tente d'orchestrer, ou de construire,
des contributions individuelles d'une créativité "relative"
(gestes sincères de personnes non spécialisées)
ce qui devrait fournir une réponse
en filigrane et de manière collective
à la question "qu'est-ce que l'art".

cette réponse ne sera pas forcément gratifiante pour tout le monde.

je ne travaille dans ce contexte
qu'au travers ce que je parviens
à transmettre, c-a-d sur le produit
de ma pensée et de la leur,
de mes connaissances et de ce qu'ils en intègrent, etc.
c-a-d quel est le produit de ce lien de nature sociale
(les murs baladeurs, lieu commun, sculpture sociale)
avec en plus toutes les "entrées" extérieures
à la fois à eux et à moi, mais qui influent quand même, bien entendu.

ce qui explique et justifie à la fois les "limites" plastiques
des résultats, par exemple.

rien n'est consommable dans ce processus.

c'est une 'politique culturelle', gratuite, déviante,
et je l'espère, pas trop sous contrôle.
bref une oeuvre,une proposition de "modèle".

comme on m'a déjà demandé si c'est une secte,
accusation souvent portée contre un processus
organisé à la marge du pouvoir,
au cas où tu te le demanderais aussi
je réponds non ;-)
ceux qui sont capables de créer des cadres
les proposent aux autres
ensuite ces cadres s'avèrent soit utiles,
soit pertinent-théoriques,
soit completement inutiles .

je crois que ce n'est pas aussi fumeux
que les fantasmes de démocratie directe
via le net.
c'est une construction culturelle à degrés,
où chacun peut trouver une place qui lui convient
et bien sûr changer de place, évoluer dans la structure.
En fait, si la scène artistique
fonctionnaient comme cela, il y aurait de la place
pour beaucoup plus de gens.
Quoiqu'il en soit ce ne serait vraiment pas un mal

je suis assez marqué, historiquement,
par l'impossibilité d'accès
à toute sortes de choses et à des jobs décents
pour beaucoup de ceux que je connais, artistes et autres.
inutile de m'étendre.
Beuys est interessant : il crée un système
où il intègre les contributions
sans nier la responsabilité individuelle.
La notion d'oeuvre est centrale.

Le Sitcom Hqm obéit à ces préoccupations,
avec les nuances suivantes :

la "production culturelle" française
que défend catherine Trautman
dans les négociation européennes, ou avec les USa,
c'est avant tout des TVfilms industriels,
(plus ou moins mâtinés d'évangilisation des masses
dans le sens social, ce dont chacun peut s'apercevoir en suivant
les diffusions hebdomadaires).
Là encore ça donne raison à Yves Michaud.
la structure de production d'un sitcom est industrielle
pas artistique, la création intervenant à un pourcentage maitrisé
comme les graisses animales dans la fabrication des hamburgers.
c'est le modèle dominant, celui sur lequel se cristallisent
des investissements financiers très importants.

comme c'est un élément du réel, et que je suis un pintre ;-)
je le dépeins, je m'en sers pour faire une oeuvre.
l'autorité du projet est cette fois dans les mains des préados du sitcom, qui le tirent forcément vers leur culture à eux,
ou leur absence de culture spécialisée,
bref vers autre chose qu'un résultat
susceptible d'intéresser l'AFAA. En même temps
on est dans le réel le plus vif, celui de la classe montante,
et son imaginaire, son sens de la vie et du monde,
valent autant que le mien, sont aussi important
(et me survivront, en définitive).
De la rencontre entre eux et moi
(moi l'"artiste", comme dirait le petit Prince)
quelque chose émerge qui est ce qui de l'art
peut maintenant tout de suite être partagé.
Et ce partage évolue sans cesse avec la durée du projet.

il représente quelque chose comme
la carte officielle d'un territoire
corrigée de la valeur de l'érosion,
des tempêtes et inondations.

Beuys admettait aussi
une dimension 'pedagogique' dans son oeuvre

d'autres sur le net parlent de "compétence sociale"
à peu près comme cela :
une capacité à énoncer ses buts et ses procédures,
à clarifier les choses pour un nouvel arrivant.
il me semble qu'une oeuvre actuelle
se doit d'avoir un peu de cette compétence.

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